The Drink Team … et saucisson

L'association de plusieurs passionnés permet de surmonter les difficultés inhérentes à la restauration de voitures anciennes

 

La culasse

La culasse
Après discussion, comme Dreyfus était d’accord de changer les sièges de soupapes pour pouvoir rouler au »sans plomb », on décide de confier ces travaux aux établissements Ferry (je ne suis pas suffisamment outillé pour faire cette délicate conversion) dont la réputation de préparateur de Berlinette date de plusieurs décennies. Dans la foulée, quitte à remplacer les sièges, on va en profiter pour monter des grosses soupapes dans le souci d’améliorer – comme pour un athlète – la capacité respiratoire du moteur dans les hauts régimes. Enfin, par précaution, un petit surfaçage du plan de joint sera aussi réalisé.

Dès le retour de la culasse modifiée, je fais un montage à blanc sur le bloc moteur pour vérifier le jeu entre les chasses et les dômes des nouveaux piston. La difficulté de l’exercice consiste à obtenir un jeu minimal mais suffisant à cet endroit pour obtenir un effet de pincement maximal des gaz sans risque de conflit entre le piston et la culasse. Rappelons à ce sujet que cette chasse – spécifique au moteur 1600 – est destinée en fin de compression à pincer les gaz pour créer une turbulence destinée à favoriser la rapidité de leur inflammation. C’est la fameuse propagation du front de flamme qui a préoccupée beaucoup de motoristes. Plus le jeu de chasse sera réduit, plus le phénomène de coincement sera important et plus les gaz seront balayés violemment. Cette disposition particulière de la culasse du moteur 1600 a permis de supprimer la chambre de précombustion avec ses deux canaux de communication disposés au centre de chaque coté des soupapes du moteur 1300 G (qui avait la fâcheuse tendance à se fissurer) et de déporter le puits de bougie directement dans la chambre de combustion. Le décentrage de l’étincelle est ainsi compenser par « un courant d’air ».

Les marques de feutre noir sont les zones à réusiner pour garantir un jeu suffisant avec le dôme des pistons. Un morceau de pâte à modeler collé sur le dôme des pistons permet après quelques tours de vilebrequin de mesurer précisément le jeu dans la chasse.

Chasses culasse

Les chasses ont été légèrement meulées de façon conique pour conserver un espace minimum.

Modif chasse

 C’est le moment de mesurer le volume des chambres de combustion pour vérifier le rapport de compression. Pour cela, on dispose la culasse pour avoir le plan de joint parfaitement horizontal et avec une seringue graduée (j’utilise une 50cc) on rempli la chambre de combustion jusqu’au ras-bord (du lave glace va bien, ou quelques gouttes de liquide vaisselle minimise la tension superficielle de l’eau, ce qui améliore la précision de la mesure).

La mesure n’est pas très rigoureuse mais largement suffisante pour avoir une bonne approximation et connaitre le volume des chambres de combustion (la précision est de + ou – 0,4 cm3)

volume chambre

Ajouter ensuite à ce volume l’espace occupé par l’alésage du joint de culasse (mesurer le diamètre et l’épaisseur du joint pour calculer ce volume) et retrancher le volume du dôme du piston pour avoir le volume exacte de la chambre de combustion.

Le volume du dôme est moins commode à mesurer. Il faut tout d’abord mettre le piston au PMH avec un comparateur et le régler à zéro

PMH

 

Le piston étant toujours au PMH, ressortir le seringue et mesurer le volume des deux demies-lunes sous le plan de joint qui correspondent aux encoches des soupapes de chaque coté du piston.Ces deux petits volumes sont à ajouter au volume de la chambre dans la culasse.

volume encoches

Descendre ensuite le piston (en conservant le liquide qui a servi à déterminer le volume des demies-lunes mais qu’on ne voit pas ici sur cette photo) jusqu’à ce que son sommet arase le plan de joint et relever sur le comparateur la distance parcourue depuis le PMH.

volume dome piston

  Compléter le volume autour du dôme avec la seringue jusqu’à ce que le liquide atteigne le plan de joint et noter ce volume de liquide

 

volume dome piston 2

On a maintenant tous les éléments pour calculer le volume du dôme du piston en retranchant du volume déplacé par la descente du piston (voir la lecture du comparateur) le volume du liquide qui a complété l’espace libre. Le volume exacte de la chambre de combustion est ensuite obtenu en retranchant le volume du dôme de celui de la culasse (auquel on a ajouté le volume occupé par le joint de culasse et les deux petites demies-lunes correspondantes aux encoches de soupapes). Le rapport de compression k est donné par la relation suivante: k = V (cylindrée déplacée par le piston) + v (volume réel chambre de combustion) / v

En pratique, pour une cylindrée unitaire de 400cm3 et avec un volume de chambre de combustion calculé de 40cm3 on a un rapport de compression de (400 + 40) / 40 = 11 à 1

 Pour conclure sur une note poétique à propos des grands V et des petits v, voici un clin d’oeil à la mémoire de Jules Lazard:

De ce nombre « grand V », la valeur qu’il se donne,

Soustrayons « petit v », ce qu’il vaut pour de bon.

Il en résultera ce que l’algèbre ordonne:

« Grand V » moins « petit v » égale illusion. 

 

 

 

 

Dans :
Par nanard289
Le 28 août, 2011
A 18:46
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