The Drink Team … et saucisson

L'association de plusieurs passionnés permet de surmonter les difficultés inhérentes à la restauration de voitures anciennes

 

La découverte

La découverte
Quel amateur de voitures anciennes n’a jamais rêvé de découvrir au fond d’un hangar secret une belle endormie? Improbable aujourd’hui pensez vous: tout a déjà été prospecté ! Conte de fée pour jeunes enfants crédules? C’est pourtant bien l’histoire qui est arrivé à un excellent ami et à laquelle j’ai assisté voici quelques années en tant que témoin privilégié. Je vous la livre ici comme je l’ai vécue.

Il y a plus de 20 ans, un célibataire propriétaire d’un berlinette Alpine décédait des suites d’une maladie que  pudiquement on qualifie parfois de « longue », mais qui en réalité est une saloperie qui s’appelle le cancer. Les héritiers d’à l’époque ne réussissant pas à trouver un accord sur le partage des biens du défunt, la succession se trouva donc gelée faute d’un compromis d’entente unanime. 20ans plus tard, un des héritiers bloqueurs décède à son tour et le notaire ressort le dossier poussiéreux de la succession. Contacté par une des héritières qui était dans le cercle de ses relations et qui souhaitait – en accord avec sa sœur – vendre la voiture , mon pote apprend ainsi de façon privilégiée qu’une berlinette à l’abandon depuis 20 ans attend un repreneur. Il me demande de l’accompagner pour expertiser l’objet car l’évaluation notariée qui date de vingt ans et qui depuis n’a pas été ré-évaluée fait état d’un prix ridicule. Il fallait donc le plus honnêtement possible établir une évaluation équitable aussi bien pour mon ami que pour les sœurs héritières. C’est là que j’interviens et qu’avec lui, après avoir pris rendez vous, on pousse la porte du hangar où sommeillais la belle. Là, dans la demie obscurité et sous un manteau de poussière, je découvre un décors hallucinant. Les photos se passent de commentaires et vous pouvez imaginer mon émotion: j’étais comme un chat dans une poissonnerie. C’est sur, rien qu’au premier coup d’œil on voit qu’il y aura beaucoup de travail à faire mais il me faut faire un bilan complet pour le quantifier plus précisément. Je mets tout d’abord la voiture sur les chandelles que j’avais apporté et je commence mon inspection par le dessous. Le châssis est sain et malgré un passé sportif (les grosses jantes avec leurs vieilles gommes racing en attestent), la caisse n’a jamais « tapé ». Les grosses ailes bulles ont été rapportées à l’époque (en 1974 ou 75) par un pro et le travail a été très bien fait. La grosse poutre centrale du châssis bien que superficiellement oxydée n’est pas piquée en profondeur et ne nécessitera pas de décoquer* la caisse. Sur les disques, la rouille plus importante à soudé les plaquettes de freins et les roues sont bloquées. A l’intérieur, les souris ont attaqué la moquette et c’est un peu le bazar: on se croirait dans un grenier.  L’arceau de sécurité et l’extincteur embarqué sont également révélateurs de sa précédente utilisation. Coté moteur, il est lui aussi bloqué mais ce n’est pas un point rédhibitoire: on trouve encore facilement toutes les pièces Renault pour refaire la mécanique. Le tableau de bord bien que poussiéreux est intact et complet. Tous les éléments essentiels de cette voiture sont d’origine et récupérables; je trouve que cette base peut justifier de se lancer dans une restauration complète. Enfin coté administratif, la plaque constructeur et le numéro de châssis correspondent bien aux indications de la carte grise et aux registres de l’usine Alpine et c’est aussi un point important. C’est une 1600S de 1971 qui a eu 3 précédents propriétaires. Après un rapide calcul, je lâche une fourchette de prix tenant compte de la côte actuelle de la voiture mais diminuée des frais de remise en état. Il ne reste plus grand chose, mais comparativement à l’estimation du notaire vingt ans auparavant, la somme est tout de même rondelette. Comme mon pote qui devant l’ampleur des travaux à venir semblait hésiter, je lui dis discrètement:  » si tu ne la prends pas, j’offre 5 000 de plus et je la prend pour moi ! » Mon ami finalement convaincu de la bonne affaire  qui se présentait à lui conclu donc la transaction sur le champ et nous repartons avec les jantes dans le but de revenir avec des pneus convenables pour pouvoir pousser la voiture hors du hangar et la charger sur une remorque.

Il me parait important de préciser ici que cette voiture était une simple voiture de série et qu’elle a été transformée en 1974 par son dernier propriétaire pour participer à quelques courses régionales (cotes et rallyes). Il est amusant de constater en consultant les annonces de berlinette plus ou moins « coursifiées » qui sont à vendre, que ce sont quasiment toutes des soit-disant « ex usine ». Et bien pas celle-ci! Elle a fait tout simplement partie de la pléiade des berlinettes anonymes conduites par de modestes amateurs de sport automobile; de ceux qui ont contribué dans les années soixante dix – en grattant la terre ou en brulant l’asphalte – à forger la véritable « Légende Alpine ».

La prochaine fois, je vous raconterai le retour triomphal à l’atelier

Sous un manteau de poussière, la belle sommeillait dans son hangar depuis plus de vingt ans. Les observateurs avertis remarquerons que la roue arrière droite avait été empruntée à une R8 ….

La découverte 1

1600S 14

 En cherchant autour de la voiture, on retrouvera la roue arrière d’origine cachée dans un recoin

La roue manquante

A l’intérieur, le tableau de bord est complet mais l’installation électrique a été grandement rafistolée avec plus ou moins de bonheur. L’arceau de sécurité, les harnais et l’extincteur embarqué que l’on aperçoit devant le siège du passager sont révélateurs d’un passé sportif.

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Des bouchons en papier du journal local « La Montagne » obturent les conduits d’admission. Ils datent d’avril 1986 et attestent depuis quand la voiture est « endormie »

La découverte 6

 Les grosses jantes avec leurs gommes « racing » témoignent également du passé sportif de la belle. On vient de les démonter avec l’idée de les rechausser avec des pneus moins « fatigués » pour pouvoir dans un premier temps remettre la Berlinette roulante et assurer son transport sur une remorque.

Les jantes

* Décoquage: Opération lourde qui consiste à désolidariser le châssis de la coque en découpant les couches de polyester autour des points de fixation. Le châssis ainsi mis à nu peut être plus facilement décapé pour un traitement anti-rouille (phosphatation ou galvanisation) ou découpé pour remplacer des parties défectueuses.

Dans :
Par nanard289
Le 24 août, 2011
A 13:49
Commentaires :1
 

1 Commentaire

  1.  
    Zézé
    Zézé écrit:

    Merci Dreyffus d’avoir sauté sur le gros poisson avant Nanard!!!………….
    Bisous

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