The Drink Team … et saucisson

L'association de plusieurs passionnés permet de surmonter les difficultés inhérentes à la restauration de voitures anciennes

 

Les carburateurs Weber 45-DCOE

Comme pour l’allumeur, les carbus d’origine avec leurs pipes d’admission avaient disparus et il me fallait les remplacer. Cependant, cette fois ci, je n’avais pas le soucis de trouver un modèle de remplacement: ce serait forcément des Weber 45-DCOE, ceux qui ont fait la belle époque des moteurs sportifs de petites et moyennes cylindrées avant l’arrivée des systèmes à injection … et de la réglementation sur le contrôle des émissions de CO2. Ayant quand même un choix à faire entre des carbus neufs de refabrication « made in Spain » ou des usagés souvent en état douteux « made-in-Italy-comme-d’origine « , j’ai établi un bilan comparatif sur ces deux possibilités et mon choix a été vite fait. Bien que parfois critiqués sur leur qualité de fabrication, les made in Spain présentent finalement plus d’avantages que les béberts italiens d’occase. Je citerai en priorité des papillons étanches installés avec axe de commande et roulements à billes neuf, des vis pointeau avec des sièges non écrasés pour finir avec des flotteurs de cuve en mousse polyuréthane massifs qui par rapport aux anciennes coquilles de laiton embouties et soudées présentent l’avantage de ne pas pouvoir couler. Les vieux flotteurs qui se dessoudent  ne sont pas des cas isolés et sont des risques d’incendie possibles: l’essence déborde de la cuve du carbu défectueux mais le moteur continue cependant à tourner (avec deux cylindres fonctionnant à 100% alimentés par le carbu sain et les deux autres très riches alimentés par une cuve débordante). Pour les pipes d’admission, j’ai préféré le montage semi-rigide des pipes en aluminium avec joint torique aux pipes en caoutchouc qui filtrent mieux les vibrations mais qui vieillissent mal dans le temps.

La préparation des carbus consiste dans un premier temps à adapter les venturis et les gicleurs (air et essence) selon la configuration du moteur pour partir sur de bonnes bases. Conformément aux préconisations des Ets Ferry, nous avons sélectionné des venturis de 38mm de diamètre, des gicleurs d’essence de 150 et des gicleurs d’air de 180 (montés sur des tubes d’émulsion F15). Ensuite, il faut vérifier les hauteurs de niveau de cuve (souvent aléatoires sur les « made in Spain) et supprimer le système d’enrichissement à froid (starter) qui est souvent capricieux et pas d’une grande utilité. Pour cette dernière opération, j’ai réalisé deux petites platines, tourné quatre ronds en aluminium de diamètre 10mm (en remplacement des boisseaux en bronze montés d’origine) et obturé à l’Araldite l’orifice de l’enrichisseur débouchant dans la conduite d’admission.

 Détail de la suppression du système de starter

modif Weber 1

 Ici on voit l’obturation du trou d’arrivée de l’enrichisseur. Cette opération est à faire bien sur sur chaque corps.

modif Weber 2

L’adaptation suivante a été la fabrication d’une grille de protection à installer sur chacune des trompettes. A défaut de filtrer la poussière, ça évite au moins au moteur d’avaler des gravillons! Il existe bien sur dans le commerce des cornets « tout prêts » avec un grillage serti mais le prix de vente dissuasif justifie que l’on se creuse un peu la tête pour trouver une solution de remplacement. Voici le résultat auquel je suis parvenu et ma façon de procéder qui finalement est assez simple; la plus grande difficulté ayant été de trouver un grillage inox avec le maillage convenable. L’idée est de pincer le grillage en sandwich entre deux tôles de chaque coté de l’extrémité d’un cornet. Ces tôles sont communes pour les deux corps d’un carbu. La tôle inférieure est d’un diamètre de 2mm plus petit que le diamètre externe de l’extrémité d’un cornet et la tôle supérieure est d’un diamètre de 1mm plus grand que le diamètre externe du cornet.

 Détail des tôles qui vont prendre le grillage inox en sandwich. Elles sont maintenues entre elles par des petites vis M4

tole grille de carbu

L’opération suivante consiste à réaliser un gabarit  (en bois ou en plastique) pour mettre en forme hémisphérique la grille du cornet aux dimensions requises. La forme hémisphérique (dont la surface est exactement le double d’une section droite) est importante car elle compense la surface du grillage (environ 40%) et minimise les pertes de charge des mailles en réduisant la vitesse de passage de la veine d’air .

 J’ai recyclé un bouchon en bois de décoration d’une vieille bouteille pour faire mon gabarit

gabarit grille

On découpe ensuite un carré d’environ 15cm de coté dans le grillage inox pour le mettre en forme sur le gabarit

Grillage carbus 2

L’étape suivante sera de rabattre les bords à l’équerre pour constituer la demi-sphère

Pour rendre l’opération plus commode, j’ai utilisé une cage interne de roulement  à galets qui avait le diamètre voulu ce qui m’a permis de rabattre avec un petit marteau les bords du treillis

Grillage carbus 3

Comme disait mon ami « la mite »: il faut ensuite présenter l’enfant à sa mère

Le grillage formé est mis en place dans la tôle supérieure (celle qui a les gros trous). Avec un outil pointu il faut écarter les mailles du grillage au droit des trous d’assemblage pour pouvoir y mettre les vis

Grillage carbus 4

 On procède de la même façon pour mettre en place la deuxième grille

Grillage carbus 5

La première tranche du sandwich est terminée, il faut préparer la seconde!

 Il faut démonter les trompettes d’un carbu pour pouvoir y insérer la tôle « petits trous »

Grillage carbus 6

 Les trous de la tôle inférieure sont plus petits que le diamètre externe des trompettes

Grillage carbus 7

La dernière étape est facile, elle consiste à refermer le sandwich

 Vous aurez certainement remarqué que pour cet assemblage j’ai utilisé des vis bien trop longues (je n’en avais pas d’autres sous la main). Elles seront avantageusement remplacées par des vis inox de longueur appropriée

Grillage carbus 8

Il n’y a plus qu’à s’occuper du second carbu et l’opération grillage sera terminée!

Grillage carbus 10 

Voici le résultat final de l’opération grillage que mon pote Dreyfus a qualifié de fonctionnel et d’élégant … Je vous l’ai dit, c’est un bon copain!

Grillage carbus 9

Les carburateurs Weber ont la réputation de ne pas supporter trop de pression d’essence. Une pression supérieure à 0,4 bars rend les niveaux de cuve instable et cette pression peut être vite dépassée avec une pompe électrique lorsque le moteur a une faible consommation d’essence (faibles régimes). La pompe électrique a une courbe pression/débit inversement proportionnelle (plus la consommation est faible et plus la pression augmente), alors qu’une pompe mécanique ayant son débit proportionnel au régime moteur convient en principe mieux aux besoins. On s’affranchit aisément de cet inconvénient en installant entre la pompe et les carbus un régulateur de pression qui va maintenir constante la pression d’essence à sa valeur de consigne, quel que soit le débit de la demande  (notamment au ralenti)  et ménager ainsi les pointeaux de cuve qui travailleront dans des conditions moins dures reculant ainsi le risque de débordement des cuves pour cause de surpression.

Les carburateurs Weber 45-DCOE img_8148-300x225

Le régulateur de pression d’essence a été installé à l’arrière gauche dans le compartiment moteur. Un petit manomètre permet d’ajuster précisément la consigne de la pression de sortie (ici, nous l’avons réglé à 2 PSI soit environ 0,14 bar)

Pour notre dernière version de motorisation, nous avons installé des anciennes pipes de carburateur initialement destinées à recevoir des brides souples en caoutchouc. Ces brides d’origine ayant la fâcheuse tendance à se décoller, elles ont été avantageusement remplacées par des brides en alu massives équipées de gorges qui reçoivent de gros joints toriques. Les carbus sont maintenus en en interposant entre l’écrou et la bride une rondelle élastique qui garantira une bonne pression de contact sans pour autant écraser le joint. Cette liaison élastique va filtrer les vibrations qui provoquent l’émulsion de l’essence dans les cuves et à terme détruisent les brides des carbus.

IMG_5352

Détail des nouvelles brides en alu avec gros joints toriques semi-encastrés.

IMG_5339

La bride qui maintient les carburateurs  (en noire sur la photo)  initialement en caoutchouc est maintenant en aluminium anodisé et attend ici de recevoir les rondelles élastiques. Pour protéger l’alliage de zamac de l’oxydation (formation de sulfate de zinc dans le temps) les carburateurs ont été peints avec une peinture spéciale résistante aux hydrocarbures

IMG_5350

Détail du montage semi rigide avec les gros joints toriques qui maintiennent un espace entre la bride et le carbu et les rondelles type ressort

Dans : Restauration voitures anciennes
Par nanard289
Le 31 octobre, 2011
A 18:37
Commentaires : 2
 

2 Commentaires

  1.  
    andre
    andre écrit:

    Bonjour merci pour toutes vos explications . je suis a la recherche de brides pour ma moto (münch) qui est montée avec des weber 40 dcoe .
    Les brides d origine ont 50ans donc HS il me semble que les alu dans votre explication sont les mêmes .avez vous les cotes entraxes coté admission .merci andré

    •  
      nanard289
      nanard289 écrit:

      Bonsoir André
      Je découvre tardivement votre message et je m’excuse du retard mais je vais mesurer demain ces nouvelles brides en alu pour vous communiquer les cotes.
      Bien cordialement
      Bernard

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